Mérite qu’on y fasse un tour. La production s’annonce fastueuse, un film d’époque, une construction de 300 mètres de haut, des décors, de la figuration, des mouvements de caméra, oui, tout cela est rassemblé pour nous raconter l’histoire peu ordinaire de cette construction célébrant le centenaire de la révolution de 1789. Le soin apporté à la photographie est admirable, qui évoque la peinture de l’époque impressionniste avec des fonds flous, des diffusions qui rendent certaines images diaphanes, une surabondance de recherches de la belle image. Ce qui affaiblit cette ambitieuse production qui rivalise mal dans ce domaine avec l’art des réalisateurs anglais, c’est qu’il y a deux époques qui ne se distinguent guère que par la taille de la barbe de l’acteur. Et la différence d’âge entre les protagonistes rend peu lisible cette diachronie. Mais surtout, le film conte deux histoires qui s’entremêlent assez mal. Une torride passion entre deux êtres et l’entreprise babylonienne au cœur de Paris. Aussi le spectateur est-il un peu frustré par le traitement ultra banal de cette romance d’une part, et le peu d’images de ce rêve full metal.
Si Romain Duris fait une prestation de qualité, malgré ce rictus qui lui sert de sourire, c’est Emma Mackey qui comble de bonheur par sa beauté absolue et son talent très riche. Elle est admirablement photographiée et aller voir le film rien que pour elle suffira à votre bonheur. Je crois que le réalisateur s’est lancé dans une entreprise qui l’a dépassé, et c’est dommage car le sujet est passionnant mais aurait mérité d’être mieux scénarisé pour que les efforts esthétiques du film servent un sujet plus puissamment charpenté. Les tergiversations dans les écritures successives du scénario et les atermoiements au montage pour essayer d’unifier les scènes, n’ont pas pu aller au bout de ce sujet qui aurait dû être plus travaillé. Inutile de souligner que le tax shelter belge dans cette production se justifie autant qu’un prélat à une partouze.