Quel univers ! Celui d’une école primaire comme tant d’autres sans doute, où se noue un drame silencieux dont le frère ainé est victime et la sœur cadette est témoin.
Il n’est pas nécessaire d’en savoir plus pour se plonger dans ce film poignant qui est un superbe hommage aux femmes et aux hommes qui consacrent avec une grande modestie, leur savoir et leur talent à enseigner de futures adultes qui sont encore si malléables et sans protection.
Le film est réalisé de façon très remarquable, et sans aucun effet. Cependant le travail de caméra est exceptionnel. Le cadre est toujours à hauteur d’enfant ; ce n’est pas simple à mettre en œuvre, mais c’est très adéquat. Plus subtile peut-être, c’est la très faible profondeur de champs qui fait que seuls les visages des protagonistes sont lisibles. Anonymat garanti aux autres sans qu’il ne faille flouter à la façon du JT qui ne peut montrer des enfants à l’image.
Cette façon de filmer due au talent de Frédéric Noirhomme (très remarqué déjà depuis Préjudice -166 – Hedi - 316) est à la fois originale et très maîtrisée, elle ajoute beaucoup à la singularité du propos. Et il faut dire aussi combien la bande sonore est importante, originale par la recréation des ambiances de cour de récréation, même si la clarté des dialogues en souffre parfois.
Un film qui se définit à plusieurs niveaux d’intérêt dont, aussi, ce-lui du point de vue singulier du témoin, impuissant, entravé par le conflit d’intérêt que provoque le si classique « Tu ne diras rien, c’est un secret ». Je vous le dis : le secret ici c’est que le travail immense et le talent font de l’auteur du film une démiurge, créatrice d’un monde.