Une médaille d’or. Et pourtant l’épreuve est difficile qui a l’ambition de rapprocher les fonctions sexuelles et les sentiments de toute une génération.
Ce film ne raconte pas une histoire et cependant l’on reste suspendu au récit, celui de trois personnages principaux, excellents de naturel, et de nombreux autres, croisés dans de courtes scènes qui jalonnent ces quelques mois durant lesquels ces vies nous sont montrées.
Et ce n’est pas euphorisant tant la misère sexuelle et affective des trentenaires est montrée de façon subtile, riche, émouvante. Crue parfois. Et assez effarante ! D’où, une fois encore, l’intérêt du ciné-ma qui permet d’être au cœur de vies que l’on ne vivra (heureusement) jamais.
Le film se déroule essentiellement dans un quartier éponyme du film, situé dans le 13e arrondissement. Chiffre qui, ici, ne porte pas bonheur.
Une des choses qui m’a semblée particulièrement bien exploitée à l’image et dans la structure du récit, c’est le monde numérique, les réseaux sociaux assassins, la veulerie visuelle qui semble être le caniveau de celles et ceux dont la vie dégouline comme une vague boueuse.
Un détail de montage intéressant est la juxtaposition de deux images (un split screen) permettant de voir en même temps deux personnes qui ne se voient pas mais qui se parlent au téléphone. Comment mieux montrer l’éloignement… Et la bande sonore, très riche en musiques, est particulièrement appropriée à ces ambiances. Même si, film français oblige, de nombreux dialogues sont inaudibles.
Noémie Merlant est confondante de vérité et d’un talent déjà apprécié e.a. dans Le Ciel attendra (323) et Le Retour du héros (481) et surtout dans le rôle de la peintre du film Le Portrait de la jeune fille en feu (696) réalisé par la coscénariste de Les Olympiades.
Jehnny Beth incarne un personnage fascinant, une camgirl. Nous avions apprécié déjà son talent dans Un amour impossible (561). Ici son rôle parfois nommé webgirl, est saisissant, mais plein d’humanité. Les deux autres rôles principaux semblent assumer là, remarquablement, leurs premiers personnages de cinéma. Jacques Au-diard est un monument du cinéma français dont j’avais commenté déjà Dheepan (151) et The Sisters Brothers (543) et l’on se souvient de D*e battre, mon cœur s’est arrêté, et surtout de Un prophète et De rouille et d’os.
Les Olympiades est une sorte d’enquête sur notre monde tel qu’il va ; mal à tant d’égards. Et chacun devrait le voir car il interroge bien au-delà de la génération qui est au centre du récit.