Oh ! la vache, ce film vaut bien la balade, celle que le cinéma permet, comme une agence de voyage qui vous amène dans des contrées nouvelles, inconnues, difficiles d’accès complexes à déchiffrer avec nos yeux d’occidentaux cartésiens.
Nous voilà plongés en Iran, dans une vie somme toute ordinaire, celle d’une ouvrière d’usine de conditionnement, ayant une fille muette (fort symbole sans doute de la situation des jeunes de ce pays). Ce qui singularise de façon dramatique la vie de la mère, c’est que son mari a été condamné à mort et exécuté. Pour des motifs qui vont s’avérer non fondés.
Alors commence un voyage intérieur, la quête d’une réparation, le nécessaire pardon aussi. Mais pardonner quoi, à qui ? Cette histoire est inspirée de faits réels vécus par l’actrice, coréalisatrice du film.
Le récit est serein, les plans installés de façon souvent quasi théâtrale, le montage est d’une évidente simplicité et la lumière est grise dans ce pays de soleil. Il y a de quoi… Les dialogues sont compendieux, les temps de contemplation nombreux et le spectateur doit faire l’effort intense d’entrer dans cet univers dont le langage est de silences, de retenues, de regards et de perplexités. L’architecture des lieux est aussi filmée avec finesse, car sans doute est-ce dans ce pays où règne la censure, une subtile façon de montrer les épreuves par des escaliers, les incompréhensions par les portes qui se ferment, les perspectives en dédale d’enchaînements de salles, de couloirs et terrasses qui laissent espérer une issue, fut-elle incertaine car encore invisible. La recherche de sa place dans la société est aussi bien suggérée par la recherche d’un logement.
Le recours, discret, à la symbolique, à l’ambiguïté du sens de ce que l’on croit simple de prime abord, donne à cette écriture ciné