Ce titre à double sens est sans doute la clé qui devrait permettre de voir un peu plus clair dans un film qui manque de clarté dans ses intentions. Le prénom est celui de la personne principale dont une partie de la vie est contée durant le film. Est-ce que l’intention du réalisateur serait de proposer un portrait allégorique de son pays, la France ? Le récit commence très fort, en suivant une présentatrice vedette de télévision qui est une sorte de célébrité dans le milieu. Une scène amusante est l’utilisation d’une conférence de presse du Président Macron. Puis un incident bénin va casser cette trajectoire de vedette. Et s’en suivra une série « d’épisodes » plus ou moins compréhensibles, mais qui ne trouvent leur justification que de la volonté du scénariste-réalisateur, en aucune manière des personnages eux-mêmes. Léa Seydou est très attachante, brillante dans certaines scènes, mais faute d’être « nourrie de l’intérieur », son personnage devient larmoyant et incompréhensible dans ses démarches. Son mari, Benjamin Biolay, une fois de plus, affiche sa mauvaise humeur, comme si faire l’acteur l’insupportait. Il faut dire aussi que le personnage à défendre est très famélique. Quant au fils du couple, on se demande ce qu’il fait là, à part le sale gosse.
L’actrice qui m’a beaucoup plu, c’est Blanche Gardin dont les répliques ont été ciselées à l’acide, non sans en rajouter une couche dans le vulgaire de bon aloi qui semble se pratiquer dans ce milieu que le film veut dénoncer. Le réalisateur a un sérieux palmarès et j’avais médiocrement apprécié Ma loute (271) tout en reconnaissant la recherche d’un style original. Ici, le style est plutôt classique.
Rien que l’appartement du couple plombe le film par son artificia-lité très « décorateurs français ». Le récit sautille de chapitre en chapitre sans que l’on ne comprenne vraiment ce qui habite France et ce qui justifie les zigzags de l’histoire. Le réalisateur motive son travail dans des interviews qui me semblent d’un simplisme adolescent. A force de dénoncer à tout va les grands médias, sans en faire une analyse qui dépasse les tweets, le propos finit par les servir en ceci que le sérieux change de camp en quittant celui de la critique pour rejoindre les professionnels aguerris, ceux-là même qui sont couverts de reproches poujadistes.
Les bonnes raisons de voir ce film sont nombreuses, qualité des interprètes, quelques moments très bien saisis, la musique de Chris-tophe qui en fait des kilos, les intentions nombreuses, polémiques, mais surtout c’est l’occasion d’essayer de comprendre pourquoi tout cela fait un hochepot aux saveurs fades et mêlées, celle d’une structure de guingois qui ne débouche que sur la perplexité du spectateur. Perplexité accentuée par la stupeur de voir que le tax shelter intervient pour payer quelques collaborateurs techniques et des équipements à un tarif plus avantageux que ceux pratiqués en France, sans que la Belgique n’y trouve aucun intérêt. Il ne faut pas voir le mal partout, mais ici, il est au sommet du détournement opportuniste de moyens à consacrer au développement d’une cinématographie belge.