Pas le moindre faux pli ! Un feel good movie absolument délicieux, admirablement interprété par de nombreuses actrices, car c’est à nouveau un très sympathique film « de femme ». Le personnage central, presque à la retraite, est la chef d’atelier de chez Dior. Le second rôle est celui d’une jeune gamine sans perspective qui va croiser la couturière et deviendra membre de son équipe. L’on pourrait croire l’histoire cousue de fil blanc. Certes, certaines péripéties sont hautement prévisibles. Mais c’est leur enchaînement sur un rythme très soutenu qui fait le charme du film dont les dialogues sont magnifiquement bien différenciés selon celles qui parlent. Et personne n’a la langue dans sa poche. Le personnage incarné par Lyna Khou-dri bénéficie de l’exceptionnel talent de cette comédienne admirée déjà dans Papicha (704) Gagarine (819) Hors normes (707) e.a. Pascale Arbillot mérite une mention particulière ; elle m’avait frappée dans Guy (537) et ici elle me semble très convaincante entre la jeune Lyna
Khoudri et Nathalie Baye qui est souveraine, crépusculaire dans ce personnage de femme veuve, mal aimée par sa fille (élément biographique de la réalisatrice repris ici de façon peut-être un peu inutile) et qui angoisse à l’idée d’entamer sa retraite. Le récit est un mélange de film social avec un portrait d’atelier de couture qui me semble très équilibré et montré au travers d’un regard subtile, vif et qui ne s’appesantit jamais ni sur les personnages, ni sur les scènes qui les montrent. Le spectateur passe par toute la gamme des émotions que procure le cinéma ; quelques éclats de rire, de la tendresse pour les personnages, un pincement au cœur par-ci, une larme par-là. Laissez-vous immerger dans ce mélange d’univers, le haut luxe et la vie en banlieue qui est montrée d’une façon plus amusante et chaleureuse qu’à l’accoutumé. Il y a quelques interventions techniques qui tentent de justifier un tax shelter incompréhensible dans ce film français 100%