Docteur Full Humour, en couleur, et à l’américaine. Une fantaisie futuriste et technologique qui démarre par la découverte improbable d’une comète dont la trajectoire annonce, pour dans six mois, la collision avec notre planète et sa destruction, rien de moins. S’en suivent une série de scènes amusantes, assez caricaturales, mais très américaines ce qui ne nuit en rien au plaisir que l’on peut y prendre. Les USA sont présidés par une femme, et oui ! Non contente d’avoir été déjà La Dame de fer, revoici Meryl Streep en présidente des États-Unis, déjantée, vous la découvrirez en Trump au féminin. Ne ratez pas Cate Blanchett en journaliste un peu nymphomane. C’est aussi jouissif de voir des talkshows à l’américaine ainsi montés en épingle. Jennifer Lawrence est hystérique à souhait et parfois contribue à l’ambiance de folie douce de ce récit dont la fin n’est pas à rater car elle est proposée en cours de générique, comme ce fut le cas dans Vice. Leonardo DiCaprio semble sortir (un peu) de sa zone de confort en endossant un rôle plus proche du guignol que du tombeur de ces dames. Vous vous amuserez aussi du souci d’avoir un casting qui montre la diversité culturelle. Et un Timothée Chalamet soudain discret.
Adam McKay est un poids lourd du cinéma américain, e.a. The Big Short (196) et Vice (615). Sa liberté de penser et la façon dont il l’exprime dans ses films sont revigorantes dans un monde enva-hi par le « politiquement correct » qui musèle les humoristes non conventionnels.
Ici la limite de cette façon de raconter est perceptible devant l’invraisemblance de ce qui fait le récit. Mais soit, si l’on aime les jeux vidéo, le spectacle est somptueux, fait de model shots, de sfx (effets spéciaux) et de feux d’artifice de fête nationale. Avec une bande sonore riche qui souligne le côté fantaisiste général du film.
Le titre français n’est pas des plus adroits : Déni cosmique car s’il appuie le côté intergalactique de cette bouffonnerie, il en supprime le double sens, celui qui invite à ne pas regarder les grands de ce monde, ni les problèmes en face. En effet, ils sont évoqués d’une façon qui ferait plutôt baisser les yeux.
L’intention assez simpliste mais très appuyée du réalisateur est de proposer une analogie dans ce film « catastrophe » entre l’imminence de la destruction de la planète par un astéroïde et la destruction que le changement climatique semble irrémédiablement imposer aux terriens. Et ce n’est plus dans le Kentucky que l’on affirmera que c’est insensé. Même si des manifestations de complo-tistes essayent d’imposer une vérité « alternative » en aboyant leur injonction : Don’t look up.