Reconnaissons que si le titre roumain n’est guère compréhensible, sa traduction anglaise n’en est pas plus aisée… Porn(o) ne se traduit pas. Mais c’est bien ce qu’illustre le pré-générique. Un couple adulte se livre aux plus sympathiques activités que l’intimité permet. Pour pimenter les choses, l’homme film ces ébats. Rien n’est épargné aux spectateurs, ni le son, ni les images. Et ce qui n’est que l’expression d’une certaine joie de vivre devient soudain du porno « amateur » lorsque sont mises en ligne ces images très privées. Accident lors d’une réparation du téléphone/caméra, geste intentionnel ? Le sau-ra-t-on jamais ? Après le générique très loufoque qui permet enfin de reprendre son souffle après ce prologue, commence le premier de trois chapitres ; décidément, séquencer ostensiblement les scénarios semble être dans l’air du temps. Nous sommes dans un film
«covid » car tout le monde est masqué. Métaphore opportune sur le refus de la parole libre, le travestissement, l’hypocrisie qui n’accepte pas de tout voir, etc. La personne qui a été filmée est une sympathique dame, enseignante. Et bien entendu son quotidien va être bouleversé. Le cinéaste va vous balader longuement dans Bucarest, vous deviendrez un observateur touriste étonné, mais cela dure trop longtemps. L’idée est de montrer que l’obscénité est partout. Soit.
Et la méchanceté pour ne pas dire la violence, un type de comportement qui s’exprime sans aucune pudeur. Le deuxième chapitre est le moment où sont collectées toutes les images d’inspiration politique ou polémique, montées dans le seul but, un peu lourdingue, d’illustrer que la pornographie est le fait des élus et que l’histoire regorge d’exemple de cette veulerie. Au troisième chapitre on en arrive au sujet central, la réaction des parents des élèves. Trois hypothèses sont filmées de cette réunion, les dialogues et les comportements sont à chaque fois différents selon que l’on considère ces images de sextape comme relevant strictement de la vie privée, ou qu’elles sont blâmables dès lors qu’elles sont diffusées. Ou enfin qu’elles justifient l’ostracisme de cette dame. Vous verrez que rien n’est simple. Et certainement pas ce film primé à Berlin sans doute parce que d’aucuns flairent qu’il y a là un jaillissement nouveau de la provocation, de l’outrance, une sorte de dadaïsme revu au temps des réseaux sociaux. Tout cet enthousiasme pour une œuvre non conventionnelle me semble un peu boursoufflé. Pour aller s’en rendre compte par soi-même, il ne faut pas manquer de courage.