Ce film est à l’art cinématographique ce que le discours de philosophie morale est à l’art du roman. Un propos indispensable pour tous, jeunes et moins jeunes, concernés par l’évolution de la vie sur terre. Ce réalisateur a choisi un biais rousseauiste, une espèce de déclinaison du Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes qui serait tenu par deux jeunes, sortes de Petits Princes partant à la découverte de notre planète pour y interroger nombre de personnes détentrices d’expériences et de savoirs qu’il faut s’approprier pour comprendre puis modifier le cours des choses car, à l’évidence, nous allons droit dans le mur, celui qui mène à la fin de la vie animal sur terre. Et faut-il le rappeler, l’homme et la femme sont des animaux parmi des millions d’autres espèces que nous allons croiser grâce à des images dignes de Microcosmos, un film documentaire de 1996 qui montrait Le Peuple de l’herbe de façon sublime.
C’est une jeune fille anglaise de 16 ans, sorte de Greta Thunberg, qui nous servira de guide, avec un jeune garçon d’origine pakistanaise, mais né et élevé à Paris, qui fait équipe avec la jeune militante.
Et nous irons de rencontre en rencontre, découvrant de façon simple des problématiques très complexes, illustrées de façon spectaculaire, parfois frappantes.
Les dialogues qui se nouent avec les témoins qui jalonnent cet itinéraire initiatique sont tous passionnants, qui partagent avec simplici-té des leçons de choses, des cours d’anthropologie pour débutants,
une introduction à l’éthologie, les rudiments de la lutte politique menée par la société civile.
Bref, un film très riche d’informations, d’un très grand intérêt même si – et c’est heureux – certains sujets sont déjà très présents dans les enjeux de société qu’une jeunesse militante semble vouloir traiter de façon déterminée, radicale et rationnelle. Bravo à eux dont nos deux guides sont des exemples pleins de charmes, de modesties, d’ambitions et de détermination. Changer la planète, cela ne se fait pas de façon désinvolte, entre la poire et le fromage, et nous comprenons que toute une génération doit d’en emparer, d’urgence et pas seulement pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre. Ce sont les êtres vivants dont il faut repenser l’avenir.
Le réalisateur, militant écologiste au sens le plus large des 2 termes, avait ébloui déjà par son film Demain (198) qui procédait du même principe, celui du voyage et des rencontres avec des témoins légitimes, agissants. Cet homme a une action exceptionnelle par ses écrits, ses engagements militants et, pour ceux qui ne le connaissent pas, il mérite d’être rencontré au moins via https://fr.wikipedia.org/wiki/Cyril_Dion. Et d’être écouté ici : https://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19594886&cfilm=278109.html
Animal est un film qui fera date ; il mériterait, pour le rendre accessible à tous, particulièrement aux plus jeunes, d’être doublé. Cela pourrait décupler son public dans les mois à venir, pour les émois à venir, ceux qui contribueront à notre avenir.