Vous serez le héros après la vision de ce film exigeant, complexe et intriguant.
Le réalisateur iranien avait déjà retenu l’attention avec un film « espagnol » Todos La Saben (510) et avant cela par Une séparation et The Salesman (329). Nous sommes plongés ici dans un récit très embrouillé durant 48 heures, celles de la permission d’un prisonnier pour dette.
Le début du film est d’une élégante symbolique, le prisonnier en permission monte longuement les escaliers d’un échafaudage sur un champs de fouille, son amie qui l’attendait avec impatience dévale des escaliers pour le retrouver enfin.
L’enjeu est de dédommager la personne à qui cet homme doit de l’argent.
Par un concours complexe et tarabiscoté d’éléments, un acte d’une rare exemplarité fait de cet homme un héros médiatisé et les réseaux sociaux n’y sont pas pour peu. Mais évidemment les choses n’en resteront pas là et un certain nombre de personnages rencontrés durant ce bref lapse de temps vont créer la confusion. Il y a un jeu très complexe entre la simple vérité factuelle et la conformité avec les usages, les exigences de la réputation, les antagonismes qui amèneront certains à en venir aux mains. Et le fils qui veut intervenir ne le peut que maladroitement car il est bègue, métaphore percutante de cette difficulté à s’exprimer sereinement.
Il faut s’accrocher pour suivre ces méandres faits de morale sociale, d’intimité familiale, de subtiles critiques vis-à-vis de cette société provinciale iranienne écartelée entre un modernise numérique et le poids d’une bienséance ancestrale qui continue à dicter nombre de comportements et de règles sociales.
Si vous avez l’attention aiguisée par ces problématiques, vous ferez un festin tant sont nombreuses les scènes qui illustrent les points de vue antagonistes. Cela devient même un peu embrouillé comme sans doute ce type de situation que ni la rationalité, ni un sens élémentaire du compromis ne parvient à dénouer.
Faites-vous votre opinion en découvrant que, peut-être, le héros, c’est vous.