Accrochez-vous ! Nous sommes plongés dans un récit peu réaliste mais qui semble possible, car truffé de détails qui l’ancre dans une apparente réalité. Cela commence comme un conte de fée, par la bienveillance d’un grand-père, par l’affectueuse attention d’une mère qui vit avec sa fille, éloignées toutes deux du papa, soldat en mission. Ensuite un événement tragique va mettre en relation des personnalités complètements improbables qui mélangent le calcul des probabilités, l’informatique hypersophistiquée et une obstination d’enquêteurs déjantés confrontés à une terrible violence façon Al Capone, Pablo Escobar ou les Hells Angels, à la sauce danoise, ce qui va donner lieu à une succession de scènes de cinéma de gangsters qui évoquent ce qui s’est fait de mieux dans ce genre qui déchaine les sulfateuses.
Le titre du film est le nom d’un groupe de motards qui, comme chacun sait, se croient souvent hors la loi mais qui veulent imposer la leur. C’est aussi le rôle que ce donne ce petit groupe de bras cassés qui fouillent et enquêtent jusqu’au bord du précipice.
L’affiche est noire, le sujet est noir et l’image du film l’est aussi, superbement et subtilement éclairée comme les portraits sombres du Caravage, de Franz Hals ou ceux de Rembrandt et sa Ronde de nuit qui pourrait être une variante du titre pour ce film que les amateurs de Tarantino ne manqueront pas d’apprécier, aussi pour cet humour qu’inspire une forme de folie.
Je n’ai vu aucun des 4 précédents films de ce réalisateur, mais il en a (co)scénarisé une quarantaine déjà, et ce professionnalisme se sent, car l’histoire ici est racontée de façon très construite et très riche. Et le sujet est complexe, au-delà de la débauche de cadavres. C’est la question de la famille, de l’égoïsme et de la solidarité, du respect et de l’honneur, de la confiance ou non dans la puissance publique…
Tout cela dans un univers traumatisant où l’humour noir et la démesure forment un couple que chacun souhaitera fréquenter (ou non) le temps d’un film peu ordinaire.