J’attends toujours… Car l’intérêt de ce film est assez peu évident. Sauf à illustrer l’exceptionnel talent de Virginie Efira qui décidément, sait tout jouer, le charme, nous le savions, la gaité, la folie, le désespoir absolu, celui que l’on imagine vécu par les détenus dans des hôpitaux psychiatriques d’un autre temps, pas si lointain…
Elle a pour partenaire un Duris égal à lui-même, flamboyant entre deux grimaces, celles du sérieux, celles du sourire simiesque. La scène d’ouverture du film est assez spectaculaire et amusante, elle laisse espérer quelque chose de fellinien, avec des figurants, des petits rôles tous extravagants et drôles. Mais il faut tenir le rythme de ce genre de fresque, et hélas, ce n’est pas Gatsby le magnifique. Il y a certes encore de joyeuses agapes, mais les scènes d’intimi-té, la maternité, tout cela est montré de façon un peu caricaturale, et pour le dire autrement, sans grande inspiration. Lorsque vient l’exile espagnole, on tombe dans l’artificiel absolu et même les acteurs semblent mal à l’aise dans les actions qui leurs sont imposées.
Cela étant dit, le spectacle est chatoyant, les décors souvent spectaculaires, et tout le monde fait de son mieux pour que l’attente ne soit pas trop longue. Populaire (027) avait déjà eu recours aux mêmes moyens visuels pour séduire. Le titre du film est celui d’un roman, lui-même utilisant le titre d’une chanson (ici, la version
de Nina Simone est utilisée dans la bande sonore) qui est le patronyme d’un artiste de rue qui a eu des démêlées avec la police. Cela ne nous avance guère de le savoir car ce titre (imprononçable), comme l’affiche, ne disent rien du film ; quelles erreurs de marketing, qui en plus, exposent à un rapprochement, sans objet, avec la pièce de Beckett, En attendant Godot*… !
Ici, c’est une fantaisie qui se veut légère, alternant de belles voitures et des chorégraphies sophistiquées, une sonorisation de luxe et une exubérance dont on ressent mal la sincérité.
Ce que l’on sent, dans la seconde partie bien entendu, c’est que le point de vue de l’enfant issu du couple est celui qui aurait dû être traité, radicalement. Il n’est qu’abordé de façon un peu maladroite, aidé cependant par un oiseau bien sympathique.
Chose agréable, si les dialogues sont parfois consternants de platitude, allant d’aphorismes en banalités, au moins sont-ils audibles, grâce sans doute à l’ingénieur du son, Pierre Mertens, l’un des Belges qui tentent de justifier l’intervention d’un tax shelter qui, de la côte d’Azur à un château en Espagne, aura bien du mal à justifier en quoi la création cinématographique Belge en tire un quelconque bénéfice.