Inoubliable ! Qu’est-ce qui fait qu’un film lorsqu’il se déroule devant vous, donne immédiatement l’impression qu’il restera marqué pour toujours dans nos mémoires ? L’ambiance subtilement étrange, le décor somptueux, les deux acteurs très talentueux, le dépaysement, tout cela mais surtout l’histoire très singulière dont je ne vous dirai rien car sa découverte est étonnante. Juste une allusion, pour évoquer certains dessins d’hybrides par Picasso, la sirène de Copenhague, le minotaure ou Pégase, vous le verrez.
Nous sommes en Islande, dans un cirque de montagnes qui délimitent une vaste lande traversée par un torrent, où paissent de paisibles béliers sous la surveillance d’un couple, aidé d’un chien, sans oublier le chat ! Vous vous souvenez de Rams (207) qui m’avait inspiré le même genre de commentaires admiratifs. Ce film-ci en est en quelque sorte une variante dramatique, une sorte de fable. Le réalisateur signe ici sa première œuvre de long métrage mais il n’est pas novice dans le cinéma qu’il pratique depuis un moment déjà pour des productions exécutives dans son pays ou pour la réalisation de courts-métrages.
De même, la magnifique actrice Noomi Rapace est une autodidacte qui a déjà participé à d’autres films, dont Millenium. Le récit est présenté, inutilement selon moi, par chapitres, c’est décidément la mode. Peut-être pour accentuer « le temps long » dans lequel cette histoire est supposée se dérouler dans un environnement quasi désertique, le plus proche village compte 500 personnes et la ferme utilisée pour le film était sans activité depuis des lustres. La lumière très singulière, des extérieurs en particulier, est due à ces journées sans nuits, ce dont rêve tout producteur qui se trouve ainsi face à 24 heures de clarté quotidienne.
Ce film rencontre un succès qui était peu prévisible et je vous recommande, sans vous transformer en mouton de Panurge, d’aller le découvrir pour plusieurs bonnes et rares raisons.