Quatre garçons dans le vent ! Et ça souffle…Nous sommes dans un quartier populaire de la côte moins connue dans le Sud-Ouest de la France, celle ayant Sète comme ville phare.
Le cadet de 4 fils nous raconte la situation de cette fratrie, orpheline de père, dont la maman est en phase terminale. L’ainé fait le caïd ; le puîné fait le bellâtre et nous amuse dans quelques scènes bien menées, le troisième est un petit trafiquant minable qui attire les flics. Et le plus jeune est à la fois la victime de ce trio et le seul qui aspire à quitter cet enfer de la pauvreté sans perspective. Il trouvera sa voie, et sa voix, grâce à une professeur de chant.
Cette période de la vie compliquée de cette famille se déroule le temps d’un été, avec un dynamisme et un humour, une sensibilité magnifique. Le regard porté par le réalisateur sur ces petits événements quotidiens du vécu de chacun est admirablement pénétrant, en particulier grâce à une langue, des répliques qui me semblent d’une modernité exceptionnelle. Un film dont le rythme ne ralentit jamais, qui amuse chaque fois que c’est possible, et qui nous fait pénétrer des milieux qui restent en dehors de ce que le cinéma nous montre habituellement.
Ce film est le premier long métrage d’un réalisateur que l’on avait découvert comme acteur dans Escapada (598) et qui, manifestement, est intéressé par les questions de fratrie.
La professeure de chant, Judith Chemla, m’a semblé très convaincante. Elle a déjà tourné avec le réalisateur dans ses courts métrages et, sociétaire de la Comédie française, elle compte déjà de nombreux films et récompenses durant ses 15 ans de carrière. So-fian Khammes que nous avions vu déjà e.a. dans Le Monde est à toi
(532) est très juste et amusant.
« Moi », le cadet donc, est interprété par Maël Rouin Berrandou, magnifique de naturel et sa passion pour l’opéra est tout à fait crédible. Una Furtiva Lagrima de Donizetti interprété par Pava-rotti permet de créer une tension dans le film entre la fatalité des pauvres sans perspectives, et l’action de l’art qui pousse chacun vers d’autres horizons. Telle sera la dernière phrase du film : Je parts. Un brillant début, d’un naturel accentué aussi par les cadres très sereins, et une image tournée en 16 m/m qui est traitée dans des tons souvent pastel qui donnent à cette histoire qui se déroule en banlieue difficile, une douceur sereine très contrastée avec les sujets âpres de la vie de ces 4 garçons.