Un film testamentaire du recordman du cinéma français, son 50e film dans lequel déambulent des personnages très « lelouchiens » qui ont la réplique percutante, des moments émus, des épisodes de chaleureuses amitiés, des parenthèses de distractions musicales et autres. Bref, une sorte de fresque comme cet auteur nous en a dépeint de nombreuses, avec ici un petit supplément d’hommages à ses acteurs/amis disparus : Ventura, Dener, Béjart, Brel qui a inspiré les répliques de la dernière bière avant la mise en bière, …
L’histoire s’articule au moment où le personnage central très bien incarné par Gérard Darmon apprend sa fin prochaine, le tabac ayant gagné. Alors se posent les questions de l’adieu à la vie, à son vieux père (Robert Hossein très émouvant) à son fils, à son jeune petit-fils. Et à ses amis qui vont avoir une bonne idée, lui permettre un ultime rêve, comme Brassens le chantait :
Je rêv’ d’encore une amourette, Je rêv’ d’encor’ m’enjuponner... Encore un’ fois dire «Je t’aime»...
C’est Sandrine Bonnaire qui se prête à ce jeu charmant de raviver les désirs assoupis d’un homme qui s’apprête à quitter la vie. Tout cela est touchant, parfois un peu appuyé, avec des moments où Jésus en personne vient jouer un étrange rôle. C’est assez inconsistant et sans structure, le récit s’écoule avec indolence et beaucoup de tendresse. Un caléidoscope d’images tente de donner une dimension universelle à ce destin montmartrois. Tout cela est dispersé, sans autre lien que la nostalgie et la recherche chaleureuse de la démonstration de l’aphorisme qui néglige une évidence : pas d’amour sans vie… Les 2 suites annoncées de cette fresque vont peut-être nous éclairer, en remettre une louche.