On n’a pas ri sans arrêt, mais assez souvent. L’idée est simple, des amis de toujours se réunissent annuellement pour un bon gueuleton. Et un invité supplémentaire fait la différence.
Cette fois c’est Poelvoorde qui est convié, par inadvertance. Et refusé par certains. Ambiance… Poelvoorde est parfait dans son numéro d’hystérique sentimental entre deux vins. Arditi est le meil-leur de tous, magnifique dans ses colères. Et d’autres autour de la table sont plus ou moins au diapason. Seul boulet, François Da-miens qui est aux acteurs de talents ce qu’un cheval de trait est aux chevaux de course. Et ici cela se voit plus clairement encore.
Tous ont des moments pour faire leur numéro, même Depardieu qui boude dans son coin et ne vient pas au repas. Ce qui ralentit un peu le film, c’est le côté répétitif des comportements, la recherche des bons mots qui sont supposés faire mouche, les vacheries qui tombent à plat, non sans une certaine cruauté.
Tous ont leur avenir derrière eux, dans des activités un peu mondaines, artistiques, ou d’intellectuels amis des télévisions. Bref, un
entre-soi un peu élimé. Mais qui ne manque pas de savoir répliquer, chambrer, titiller, vanner et autres formes de piques qui donnent aux répliques un ton de punch line à la française. Le tout est ponctué de quelques images du passé, qui devraient aussi aider à faire comprendre et faire rire. Les intentions sont évidentes, un peu comme l’horloge sur la cheminée qui décompte le temps qui reste à ces gloires sur la pente de l’oubli.
Mais l’absence d’histoire, de récit, rend ce moment de retrouvaille un peu répétitif. Ce qui mérite une attention particulière, c’est l’exceptionnelle fluidité du montage due pour partie à un tournage à trois caméras, ce qui assure une multiplicité de point de vue d’un même instant dont la spontanéité sans doute ne serait pas repro-ductible, d’autant que souvent les acteurs parlent ensemble, se
« marchent dessus » avec l’ambition que leur réplique surpasse celles qu’ils veulent supplanter. Et cela donne un style, mais pas une histoire. Le titre est à décoder par rapport à une certaine nostalgie ; mais elle n’est plus ce qu’elle était et c’est Adieu les cons qui aurait pu être plus explicite.