Eisenstein en couleur avec le son. Un cinéma d’un expressionnisme un peu lourdingue, ce qu’on lui pardonne car le sujet est consensuel, comme chaque fois que l’on ne peut qu’être d’accord. Les noirs sont bons, des blancs ont été très méchants avec eux, mais voilà, maintenant cela va mieux grâce à des héros comme celui dont on suit les souffrances et le tragique destin, de scène en scène qui se succèdent sans grande surprise. Rien ne nous est épargné. Tout nous est montré avec insistance, tout est souligné avec force.
Mais soit, peut-on se plaindre de cela au regard de ce qui est conté ?
Allez, encore quelques coups de fouet pour nous faire passer l’envie de critiquer, quelques cruautés odieuses pour retenir un soupir de lassitude, quelques bons sentiments pour refouler notre impatience d’en finir.
Ce qui est admirable dans ce type de fresque historique, c’est le beau voyage dans le temps que permet un cinéma très soigné, riche en lieux, en accessoires, en costumes, en décors.
Et douze ans d’esclavage valent bien 134 minutes de leçon de morale. Avec une brève apparition de Brad Pitt en final, histoire de contenter tout le monde.