Quel smash ! Vénus et Serena Williams sont connues du monde entier. Raconter leurs débuts c’est compléter ce que tout le monde en sait.
Mais ce film n’est pas seulement un biopic ayant choisi leurs jeunesses comme période de récit.
C’est beaucoup plus. C’est le portrait d’un père et d’une mère embarqués dans une aventure incroyable. C’est aussi une sorte de revanche sur le sort des afro-américains dont, une fois de plus, il est bon de rappeler combien il a été inique ; et l’est encore. C’est aus-si un récit à suspense et un passionnant film sur le tennis. Même si je soupçonne que bon nombre de balles ont été générées par ordinateur ; c’est un détail qui n’altère en rien les images rares et magnifiques qui nous montrent de façon inédite le combat de ces joueuses qui jouent plus qu’un match, leur avenir et en somme, leur vie. Toute jeune déjà Vénus nous en donne une démonstration magnifique.
Il y a tout au long du film un dynamisme bien à propos, des rebondissements, des négociations menées de façon très étonnante et amusante. Pas un instant l’on ne s’ennuie car chaque étape est incertaine et amène quelque chose d’imprévu, de surprenant.
Le réalisateur afro-américain a une grande expérience en courts métrages mais ce film-ci n’est que son 3e et c’est un ace foudroyant. Will Smith incarne le King Richard (titre original) de façon spectaculaire, même s’il en fait parfois un peu trop. Mais sans doute est-ce dans l’esprit du personnage.
Le casting de la famille, la mère et les sœurs à deux âges différents, est particulièrement réussi et cela donne aux scènes « en famille » un supplément de naturel et de dynamisme qui amuse.
Les placements de la caméra sont particulièrement ingénieux qui nous font voir les matchs filmés sur les courts même, comme aucune télévision ne peut le faire.
Et la bande sonore est bien balancée entre les musiques, les ambiances de public et ces bruits d’impact de la balle sur la raquette et en rebond.
La Méthode Williams est une réussite pour le tennis et le cinéma.