Ce titre n’annonce pas une grande liberté mais au contraire une terrible soumission aux pulsions homosexuelles qu’un homme essaye de satisfaire dans une Allemagne qui se relève à peine de la guerre et qui condamne les homosexuels de façon furieuse.
Sorti des camps de concentration, notre héros se retrouve en prison pour le même motif dès 1945 en RDA. Nous verrons aussi des séquences datées de 1957 et 1968, peu avant l’abolition de la loi réprimant l’homosexualité.
Film d’une terrible âpreté qui nous montre de façon parfois très crue les pratiques entre hommes, consentants, et somme toute là n’est pas la question. Ce qui exerce sur le spectateur une rare et lourde emprise, c’est l’univers carcéral que l’on ne quitte pas de la première à, pratiquement, la dernière image. Un tour de force, c’est d’avoir même pu filmer dans un cachot totalement noir où sont jetés nus les prisonniers récalcitrants.
Les cellules sont filmées avec une diversité saisissante qui nous fait véritablement sentir ce lieu atroce et les violences qu’y subissent les détenus. Tout y passe, accrochez-vous.
Il y a des reconstitutions d’atelier dans lesquels travaillent les détenus qui sont des décors magistraux.
Le film mélange 3 temporalités qui se distinguent essentiellement par la moustache dans l’une, son absence dans l’autre et la longueur des cheveux du compagnons de cellule.
Il faut suivre ces allers-retours des époques, pas simple. Cet univers est abominable et admirablement rendu, vécu par des acteurs absolument convaincants, qui expriment une souffrance de chaque instant.
On peut y voir une histoire d’amour certes, mais qui est loin du romantisme. La fin du film est une séquence au sens indéterminé qui laisse le spectateur incertain quant au sens de la scène. Ce qui est un exercice intéressant pour la discussion que vous aurez peut-être après la projection si vous arrivez à persuader quelqu’un de vous y accompagner. En toute liberté.