Notre monde, celui de l’entreprise, des multinationales, des fausses valeurs de réussite, du capitalisme inhumain. Mais aussi de la prise de conscience, certes tardive, qu’il y a d’autre voies pour le bonheur que celles du pouvoir et de la performance en affaire.
Le film est écrit avec subtilité, sans tomber dans un discours manichéen, essentiellement me semble-t-il, parce que la famille et ce qu’elle peut amener d’épreuves, est au centre du récit en le soutenant en parallèle de l’histoire d’un (sous) patron d’une filiale française d’un grand groupe multinational. Rien que pour écouter ces échanges entre managers, le film vaut d’être vu. Même si l’histoire repose essentiellement sur les dialogues, les analogies d’argumentation entre avocats, patrons et conjoints sont frappantes.
Tous les acteurs m’ont paru très « justes » et en particulier Marie Drucker qui assume une fonction cynique avec un naturel glaçant. La musique du film contribue beaucoup à donner à ces situations une ambiance tendue et sobre à la fois.
Ce film est une sorte de suite des thèmes traités par ce réalisateur de talent comme En guerre (276) mais le style d’écriture en est, tout à fait à propos, modifié. Même si Vincent Lindon en interprète chaque fois le personnage central. Sandrine Kiberlain assume un rôle bien ingrat, mais avec son talent exceptionnel. Ce film-ci mérite le même enthousiasme provoqué par la singularité de ce type de sujet dans le cinéma français et par la façon dont il est traité et défendu. Comme s’il s’agissait d’un autre monde.