Battons en retraite, de toute urgence. C’est, pour moi, le genre du film à fuir sauf si l’on a une fibre d’anthropologue résolu, un peu comme celle qui vous pousserait à aller voir Les Tuches (900). Le scénario est de ceux que l’on écrit sur un coin de table de bistrot, une idée simple.
Un mauvais garçon est condamné à une peine d’intérêt général qui l’amène dans une maison de retraite. Là il se passe 36 choses aussi invraisemblables que détachées de toute réalité. Si cela faisait rire, pourquoi pas ; mais l’ennui effaré fige les zygomatiques.
Il faut dire que beaucoup repose sur les épaules du rôle central tenu par Kev Adams qui est le prototype de l’acteur misérablement mauvais, le regard glauque, le visage inexpressif et qui parle « faux », un frère de François Damiens. Ils récoltent leurs applaudissements dans des prestations de comiques de sous-préfecture. Le réalisateur a connu de grands succès au box-office avec la série La Vérité si je mens. Et je dois à la vérité de dire que je mentirais en disant que je suis fan de ce type de comédies.
Il n’y a rien de mal dans ce film qui se répète, les acteurs sont tous médiocres, car dirigés d’une façon infantilisante, les ressorts de l’histoires sont rouillés et l’absence d’émotion, l’évidente et pesante recherche de l’effet qui fait mouche, donnent à ce pensum une allure de cirque pouilleux de province, comme il n’en existe plus. Ils ont pris leur retraite.