Cela se laisse regarder, sans surprise, sans ennui. C’est du grand classique sans talent, un travail de faiseur.
Les images de guerre semblent sorties d’une cinémathèque sans cesse réapprovisionnée, Le jour le plus long en couleur, Paris brûle-t-il en province. A Bruges même, ça fait un peu belge...
Les dialogues semblent écrits avec une machine qui connait toutes les recettes : un peu d’humour, un peu de tensions, un peu de réflexions, celles que l’on mène au bar après un troisième whisky.
Le décorateur a eu un très beau budget pour nous en mettre plein les yeux avec de superbes reproductions, des décors somptueux
et romantiques, une maquette du rêve muséal mégalo d’Hitler lui-même.
Bref, le temps passe sans beaucoup de stress. L’amusement peut-être de voir une unité russe essayer de battre de vitesse une avancée des troupes américaines... La fin de la guerre a-t-elle été un rallye entre historiens de l’art un peu bavards ? Certes un bref rappel de la cruauté de la guerre permet quelques images de souffrance, un petit mort par-ci, par-là. Au total un divertissement en rase-motte, avec de grands moyens sans génie, de grands talents mal exploités, de grandes occasions ratées.
Nul ne fera de statue à ce Monuments men qui n’a que les qualités d’un bon faussaire.