Un combat incertain dont le spectateur suit passionnément l’évolution complexe et très intéressante. Un scénario écrit et dialogué de façon admirable, fruit d’années de travail… Et qui met face-à-face deux acteurs puissants, mais pas seulement, car tous les (petits) rôles, les silhouettes nombreuses, la figurations, sont convaincants. Pierre Niney est une fois encore très brillant et son
« antagoniste » Gilles Lellouche se la joue excellemment, façon Dupond-Moretti.
Les dialogues très peaufinés servent ces talents auxquels il faut ajouter celui e.a. d’Emmanuelle Bercot admirée comme réalisatrice de films engagés politiquement et socialement comme celui-ci ; on se souvient de La Tête haute (136) La Fille de Brest (415) De son vivant (885). Elle défend ici de façon talentueuse et émouvante un personnage qui aurait pu lui inspirer un film ! Une mention pleine d’affection pour Jacques Perrin qui se fait rare à l’écran et qui, ici, est très juste.
L’enjeu du combat décrit dans le film est simple : les défenseurs d’un environnement écologique s’en prennent à l’un des pollueurs majeurs de nos pays. Il s’agit d’un fabricant de désherbant utilisant
une substance qui sera interdite après un long processus dont nous découvrons certains aspects particulièrement complexes et spectaculaires malgré cette obscurité entretenue autour des enjeux, car ils sont colossaux ; et défendus avec talents par des équipes qui ne manquent ni de moyens ni d’arguments.
Le réalisateur avait travaillé déjà avec Niney dans Sauver ou périr. Mais s’il n’est pas (encore) un poids lourd du cinéma français, son expérience est considérable, grâce notamment à ses réalisations publicitaires, ce qui explique la qualité technique rigoureuse, le sa-voir-faire et l’efficacité de Goliath qui va le propulser au premier rang des Don Quichotte de l’écran.
Bien entendu ce film clivant sera piétiné par les éternels aigris qui ne voient que le simplisme des propos, le côté larmoyant des scènes de détresse et autres procédés narratifs ravalés au rang subalterne de grosses ficelles. Facile de contribuer au dédain vis-à-vis de celles et ceux qui, dans la « société civile » mènent des combats de David contre Goliath. A soutenir.