Quel monument ! Lorsque l’on s’attaque à une histoire aussi connue, il faut que la contribution du film soit à ce point forte qu’il entre dans l’Histoire. Et ce sera le cas de ce film puissant, très réussi et extraordinairement spectaculaire. Le Jour le plus long, Paris brûle-t-il, La Tour infernale, tant d’autres titres reviennent en mémoire, qui ont imprimé dans l’imaginaire la vision qui restera de ces moments historiques.
Évidemment la télévision en direct avait déjà diffusé ces images de l’incendie de Notre-Dame à travers le monde.
Le tour de force du réalisateur et de son scénariste est d’avoir construit ce film sur des histoires menées en parallèle, toutes ayant le feu comme antagoniste, dévorant et très spectaculaire. Bien entendu la part belle est donnée aux pompiers, héros par nature, montrés ici dans ce qu’il y a de plus viril, de plus militaire, de plus courageux. Ils (et elles) le méritent bien, tant ils ont fait preuve de bravoure. Puis il y a aussi une course contre la montre pour sauver le bien le plus précieux détenu sous clé en ce lieu. Nous ne pouvons qu’être émus par la plus haute personnalité ecclésiastique qui s’effondre littéralement devant ce désastre. Et il se met à prier avec une incompréhensible ferveur, comme s’il ne savait pas encore que
cela ne sert à rien. De nombreux groupes prient avec la même désespérante et émouvante naïveté. C’est bien montré. Comme est bien montrée aussi la gestion des accès absolument impossibles pour les véhicules des forces d’intervention. Et l’aspect médiatique est habilement intégré au film, révélant qu’il y aurait eu deux PC de commandement. Le vrai et celui destiné à accueillir les pouvoirs publics. Tous les aspects techniques du développement de l’incendie et de la lutte contre ce ravage sont admirablement mis en image.
Bref, le spectateur reste figé face à l’écran autant par la tension qui ne faiblit pas un instant que par les vues impressionnantes qui mêlent les images d’archives et celles tournées pour le film. Elles s’intègrent de façon exceptionnelle et le travail de postproduction de ce qui est montré est absolument parfait tant il semble que tout ait été filmé comme un reportage le jour même.
La bande sonore contribue avec retenue à créer cette ambiance de fin d’un monde qui crépite en se consumant. Et l’on sort de la salle en pensant tout autant aux héros, aux désastres et aux talents innombrables qui ont permis ce brûlant succès.