Laissez-vous embrigader ! C’est un film dynamique, sympathique, singulier par son sujet et interprété de façon très amusante par 4 comédiens de métier et une bande de jeunes absolument cra-quants. Le sujet est de ceux qui inspirent les scénaristes et les cinéastes actuellement : un groupe de jeunes en contact avec des adultes plein de bienveillance.
La Mif (944) en est un exemple récent, il y a eu aussi La Fine fleur (813), d’autres qui nous font partager le quotidien de ses jeunes un peu paumés entre l’enfance et la vie d’adulte. Ici, ce sont des MINA (Mineurs non accompagnés) qui sont l’objet de toute la générosité d’un directeur de centre d’accueil. Arrive là une chef coq dont le caractère n’est pas des plus accommodant. C’est elle que nous suivrons durant le film, avec amusement. Le rythme est très soutenu, les rebondissements nombreux, bien que parfois prévisibles, et, cerise sur le gâteau, la séquence vers la fin, d’une émission de télé en direct est un régal.
Le réalisateur avait déjà été positivement remarqué pour Les Invisibles (591) et l’on retrouve son style sans effet esthétisant, une mise en scène efficace, laissant aux dialogues et aux interprètes le soin de dérouler une histoire centrale et ses brèves annexes qui attestent de la complexité et des mérites de celles et ceux qui affrontent la question de l’accueil des damnés de la terres. François Cluzet, avec sa discrète élégance coutumière, assume le rôle complexe du directeur de ce centre, aidé par Chantal Neuwirth qui vaut, à elle seule, de voir le film. Elle a une carrière de plus de 40 ans mais je ne l’ai jamais remarquée (ce qui donne la mesure de mon ignorance…). Elle est remarquable. Mais c’est bien entendu Audrey Lamy (la sœur d’Alexandra) qui retient toute l’attention par son abattage et le caractère anguleux qu’elle laisse paraître tout au long de cette histoire. Avec brio.