Voilà un film puissant, d’un style très affirmé, tant formel que psychologique.
Nous découvrons progressivement le destin d’une famille, par quartiers successifs, comme lorsque s’épluche une orange. Chaque morceau a un goût semblable mais une saveur différente.
Car ils se succèdent avec subtilité, ils disent petit à petit des choses rares, difficilement imaginables car issues d’un univers - le Nebraska - que nulle imagination ne peut concevoir. Il faut le voir.
Et cette déambulation vers la tristesse, la désillusion, ce qui préfigure la mort en incarnant la fuite de l’exaspérant : la femme, l’ennui, la maladie, l’incertitude... constituent les ingrédients d’une Odyssée sans Sirènes, d’un éternel retour vers ce qui pourrait être la limite entre le sordide et la résignation, l’abandon et les derniers soubresauts d’une existence à son crépuscule.
Magnifique, fort, élégant et admirablement réalisé, tant pour l’image, le rythme, la direction des acteurs superbement choisis.
# 2015
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