A pleine vitesse, telle est la vie que mène, hors d’haleine, cette charmante maman de deux diablotins hyper dynamiques dont le père s’est éloigné au point de ne plus même payer de pension alimentaire et qui oublie d’appeler le jeune Nolan, son fils, le jour de son anniversaire, lorsqu’il recevra un trampoline pour défouler son trop plein d’énergie. La maman gagne durement sa vie dans un palace parisien, Le Bristol, alors qu’elle demeure avec ses enfants en grande banlieue. Le réalisateur a rendu cet écartèlement géographique plus cruel encore à cause de grèves qui se succèdent de façon presqu’hilarantes, si l’on ne sympathisait pas avec le calvaire qu’elles provoquent pour tant de gens qui n’ont rien demandé et qui en souffrent.
Le scénario est d’une ingéniosité qui rend le film aussi rapide qu’un grand prix de formule 1 avec ses rebondissements, ses sorties de route parfois, ses ravitaillements, ses changements de pneus qui scandent une vie à vrai dire insupportable mais qui sans doute, ressemble à de nombreuses autres, par maints aspects.
La caméra suit de près, au pas de course cette femme évidemment toujours en retard, qui est filmée en de multiples endroits dans lesquels elle se déplace, en courant, ou pour y accomplir un travail ingrat sous la férule d’une contremaître au regard et au cœur d’acier. Elle travaille dans des lieux froids, traités par la lumière travaillée dans ce sens, à l’inverse de certains (rares) moments chaleureux.
Laure Calamy dans ce rôle de jeune maman exténuée est somptueuse et très convaincante. Dans mon billet 733 je soulignais déjà ce tempérament qui trouve ici un rôle qui va la conforter au premier plan des actrices françaises, elle qui fut césarisée en 2021 pour An-toinette dans les Cévennes. Éric Gravel a aussi été primé, à Venise, pour ce deuxième long métrage, et honoré du prix du meilleur réalisateur.
Du cinéma social traité de cette manière, on en redemanderait à chaque séance car si l’histoire est assez dure, la façon dont elle est traitée la montre de manière dynamique, rapide comme les trains qui passent en gare sans s’arrêter.