Film inattendu dont la puissance du style, la force narratrice impressionnent. Deux acteurs portent le film de bout en bout. L’un dans la maturité se débat dans des problèmes matériels un peu glauques, et une histoire personnelle douloureuse qui se devinera, par étapes, durant le film. L’autre, le jeune, un chat sauvage, est un écorché vif, irréductible à la raison et nous en comprendrons petit à petit les motifs. Disons-le tout de suite : tout le film est noir, se déroule de nuit, dans une ambiance lourde et admirablement filmée. Avec le port d’Anvers en lointain et remarquable décors.
La première chose qui frappe est l’extraordinaire façon de tourner et de monter des plans qui s’enchaînent avec une nervosité parfaitement en adéquation avec l’humeur de ces deux hommes imprévisibles de douleurs. Le travail d’Alain Dessauvage, le monteur, est spectaculaire. Le réalisateur avait impressionné déjà dans Le Ciel flamand (330) et c’est avec le même plaisir que l’on retrouve ici ses grandes qualités qui devraient le propulser un jour aux premiers rangs de la cinématographie belge et mondiale.