Elle est à marée basse. Le film nous fait témoin du retour d’une jeune femme, étudiante, dans sa famille à Beyrouth si je ne me trompe car ce n’est jamais explicite. Et comme le film y a été tourné avant l’explosion dévastatrice, il n’y a guère de repères, sauf justement la mer. L’ambiance familiale est à couper au couteau et la première partie du film est cadrée de façon statique, les plans sont généralement longs et il ne s’y passe pas grand-chose, sauf ce mal-être profond qui finit par lasser le spectateur car rien d’intéressant n’est dit ou montré sur cet état dépressif. Puis un ancien amant, sympathique, renoue avec cette jeune fille et les choses (et la caméra) bougent, un peu d’entrain nous laisse espérer une sorte de récompense. Hélas, l’image reste nocturne, sombre, triste comme la musique et l’ambiance, les dialogues ténus. Bien entendu il y a des bains de mer qui donnent un sens au titre, mais pas au film, sauf à imaginer que symboliquement la mer représente cet espace infranchissable dans la vie qui provoque cette désespérance diffuse et insurmontable. Et comme le film finit plutôt mal, on ne sort pas de la salle avec l’envie de partir à la plage. Le tax shelter a soutenu ce film libanais, ce qui aurait été très sympathique si au moins le résultat avait été enthousiasmant. Ici on reste face à l’amer.
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