Ce titre est défini par : tourbillon qui se produit dans un fluide en écoulement. Et je ne comprends pas pourquoi il est utilisé pour annoncer une histoire triste qui nous est montrée longuement. Mais avec énormément de talents dont 4 méritent d’être soulignés.
L’empathie et la délicatesse extrême avec laquelle les deux personnages d’un couple vieillissant sont filmés, la façon dont ils se comportent, la manière dont l’on ressent leurs souffrances intimes de vieux s’approchant de la fin. Certes le sujet a été maintes fois traité, mais ici, il l’est avec un doigté rare. Le talent exceptionnel de ces deux acteurs, de leur fils et même du très jeune petit-fils qui donnent à ce film une humanité très émouvante. Le décors dans lequel ils sont filmés, exigu et composé avec un sens exceptionnel du lien entre le lieu et ceux qui l’habitent. Une merveille d’acces-soirisation, d’évolution dans les mises en place, de justesse dans chaque détail, et ils sont innombrables.
Et enfin, la façon de filmer à deux caméras dont les images carrées sont juxtaposées. C’est, à ma connaissance, une « première » et c’est extraordinairement judicieux pour augmenter l’intensité du regard porté sur ces deux personnalités dont vous découvrirez la richesse au cours du film. Cette juxtaposition d’images, lorsqu’elle concerne simplement deux points de vue de la même scène, est amusante, elle soulève la question de savoir comment l’on a pu
placer deux caméras en même temps dans un lieu si étroit. Mais lorsque les deux images sont tournées dans des lieux distincts, elles sont sonorisées chacune en fonction de l’environnement spécifique, ce qui nécessite un mixage des sons très subtile. Ce travail audacieux de mise en images et sons m’a semblé d’une grande virtuosité. Le directeur de la photo est le belge Benoît Debie souvent remarqué.
De ce réalisateur, je connais Love (146) et, plus anciens, Irréversible et Enter the voice, 3 films qui ont en commun avec ce dernier, des recherches formelles très originales, mais c’est avec Vortex la première fois que le sujet permet d’amener votre fiancée dans la salle. Gaspar Noé monte lui-même ses films et sans doute celui-ci est un peu long. Au moins vous apprécierez le générique qui, pour une fois, est lisible !
L’acteur italien, Dario Argento, n’est pas un acteur, mais un réalisateur et producteur de films d’un genre très particulier des Giallo (jaune, en italien) qui se caractérisent par le fait que les scénarios sont généralement inspirés de romans policiers d’une collection dont les couvertures sont jaunes… Des films d’horreur, sanglants, de terreur ! Il n’est pas étonnant que Argento et Noé soient amis… Quant à Françoise Lebrun, elle assume un rôle superbe, sorte de chant du cygne d’une immense carrière au cinéma et au théâtre.