L’Italie en famille, à l’adolescence ! Ça démarre fort… Et l’on ne quittera pas l’une des 3 filles du couple qui est filmée, caméra sous le nez pendant tout le récit structuré comme un puzzle que l’on recompose une pièce à la fois. Et certaines d’entre-elles ne sont pas ordinaires ! Allez les découvrir dans ce film un peu tonitruant et échevelé, avec des moments de sidération qui sont amenés sans que l’on ne les sente venir. La façon de filmer épouse en quelque sorte les moments émotionnels, très tendus, plus paisibles et c’est intéressant à voir.
N’ayant pas vu les deux précédents films de ce jeune réalisateur qui termine ici une trilogie, je découvre un style très nerveux, très reportage, avec une verve débordante dans les dialogues (il conviendrait mieux de dire « engueulades ») et une bande sonore épuisante. Ce qui donne beaucoup de cachet à ce film dont je vous dirai seulement qu’il se passe de nos jours en Calabre. Région dans laquelle prospère La ‘Ndrangheta, organisation très spécifique de ce que l’on nomme d’un terme générique : la maffia. L’originalité
du film est d’abord de nous épargner les scènes sanglantes, mais surtout de tout voir à travers le regard affuté d’une des sœurs de la famille qui aime célébrer, en ouverture du film, un anniversaire, en fin, un mariage. Et la singularité de cette famille est qu’elle est vraie, tous parents ! Ce qui ne manque pas de faire écho de la particularité maffieuse en Calabre… Avec ce que cela suppose d’oppression sur les femmes, et les jeunes filles.
Le film réussit à donner une petite idée de ce que cela doit être de vivre en hors la loi et en bourgeois tranquille, soucieux des siens. La prodigieuse actrice (non professionnelle) qui assume le rôle central rend l’histoire touchante par ce basculement de l’enfance à sa vie d’adulte consciente, de l’insouciance de la jeunesse au moment où l’on doit voir les choses en face, d’autant plus que la volonté de les découvrir a été puissante ; elle est la raison d’être de ce film. L’affiche du film est aussi laide qu’insignifiante ; comment peut-on s’appuyer sur une telle image en espérant attirer le spectateur ?