C’est doux. Et sans saveur. Mais le titre est bien choisi : ce film est une tromperie, sympa. Sauf sans doute aux yeux des féministes qui, à juste raison, vont dénoncer les schémas macho-femme objet qui sont le socle de ce récit.
Adaptée d’un roman américain de Philip Roth, l’histoire est celle d’un auteur juif newyorkais, habitant Londres, qui se répand sur ses liaisons. On n’y croit pas une seule seconde. Mais comme le film est très bavard, reviennent en mémoire les films si singuliers de Rohmer où s’échangent des propos parfois très directs, crus, dans une ambiance littéraire et d’une grande délicatesse de sentiment. Le réalisateur a un passé cinématographique : Les Fantômes d’Ismaël (408) Roubaix, une lumière (705), le pire et le meilleur. Ici,
c’est le tiède. Et décevant de la part d’un réalisateur très marquant du cinéma français. L’image est très soignée par Yorick Le Saux qui a beaucoup tourné avec Ozon, Assayas e.a.
L’acteur clé n’est pas Mathieu Amalric comme le réalisateur en a l’habitude, mais un sage Denis Podalydès qui remplit le contrat, sans plus. Du côté des maîtresses, Emmanuelle Devos est très convaincante et Léa Seydoux m’a semblée parfaite, mais comme si elle portait une robe qui ne lui va pas. Le film est chapitré, histoire de faire comprendre que le temps passe entre les séquences qui se répètent, avec des variantes de longueur de cheveux pour souligner le passage du temps. Anne Schneider défend le film avec talent : https://www.senscritique.com/film/tromperie/critique/259726115