Laissez-vous emmener, même si le précédent film Rester vertical (299) ne m’avait guère convaincu, c’est le moins que je puisse rappeler ! Nous retrouvons ici le voyeurisme d’ébats sexuels tournés avec un courage d’athlète olympiques par des acteurs qui se donnent corps et âmes…
Le récit est à nouveau très tarabiscoté, dans l’espoir de dépeindre une sorte de fresque sociologique, provinciale, un moment de la société française entravée par sa courte vue. Le personnage central cette fois est un trentenaire petit bourgeois, épris de façon peu crédible d’une prostituée dans la maturité. Elle est mariée. Un jeune nord-africain vient s’incruster dans l’immeuble de notre personnage central, ce qui nous vaut de succulentes scènes entre cohabitants. Il faut dire que le contexte de fin d’année choisi pour le récit est très favorable aux pires fantasmes qu’engendre une petite ville provinciale étriquée. L’intérêt du film réside, à mes yeux, dans l’incroyable construction du scénario qui par accumulation de petites choses, finit par être une sorte de chronique, mâtinée de sociologie et d’humour. Le rôle pivot est tenu par Jean-Charles
Clichet que je n’avais jamais remarqué et qui me semble remarquable tout comme Noémie Lvovsky, personnalité majeure du cinéma français. Tous les rôles, et ils sont nombreux, m’ont semblés très bien distribués et interprétés de façon crédible malgré les outrances voulues par le récit. Le film a au moins le mérite de changer du ton trop habituel du cinéma français.
Comme l’affiche de Tromperie, celle de ce film-ci est un incompréhensible refouloir. Mais l’on découvre un film qui a de la personnalité, qui tranche délibérément par ses propos politiquement provocateurs et par l’évocation de nombreux thèmes clivants. Bref, débat garanti après vision avec des amis qui ont toujours quelque chose à dire, où qu’on les emmène.
On se demande une fois de plus ce qu’Umédia et le tax shelter font dans une production qui n’amène du travail qu’à la filiale de … Umé-dia. Et la mention du tax shelter se glisse avec honte à la dernière ligne du générique.