Ce très intéressant documentaire est écrit avec Marianne Sluszny d’après son livre Belgique, Chemin des femmes. Le chemin des Dames a certainement inspiré ce titre, lieu abominable de batailles atroces durant la première guerre mondiale. Le nom de cette route de crête proviendrait de travaux entrepris sous Louis XV pour y faciliter la venue au château de la Bôve de ses filles chez l’une de ses (anciennes) maîtresses, Madame de Narbonne.
Le film évoque les destins de femmes meurtries par la guerre de 14-18 et les suites importantes dans la vie sociale et politique, à une époque où l’usage du seul mot « femme » suffisait à définir ce groupe social qui allait lutter pour la reconnaissance de ses droits, naissance des luttes féministes sous toutes leurs formes.
C’est passionnant et très bien construit comme récit parce que les images d’époque étant rares et rarement axées sur cette problématique particulière, le réalisateur, remarqué déjà pour The Scot-
tish Key, a recours à 4 « moyens » pour donner vie à ces destins : les images d’époque, certes, mais aussi classiquement les témoignages recueillis des descendantes de ces femmes oubliées. Et pour exprimer les émotions, un talentueux animateur, Cédric Deru, ponctue le film de courtes séquences qui communiquent les états d’âme ressentis. Et, quatrième moyen, les voix qui redonnent vie à ses femmes grâce e.a. de Anne Coesens, Marie-Paule Kumps, Da-niela Bisconti qui les font entendre. Bref une belle brochette de talents pour nous immerger dans une époque et des problématiques qui restent, faut-il le rappeler, d’une grande actualité. Car le destin des femmes pendant et après la guerre n’est pas l’apanage exclusif de celle de 14-18. Et l’actualité nous montre combien cette question reste préoccupante en ses multiples aspects.
Ce film en fait un riche et sensible recensement. Lorsqu’il sera programmé en salle, ne le ratez pas après sa diffusion sur La trois de la RTBF.