Mais quel plaisir que de se laisser aller à ce récit découpé suivant un agenda (c’est très à la mode) celui d’une semaine qui amènera, avec beaucoup d’humour, la transmutation d’un bon patron, mari attentif, en une sorte de cynique dépourvu de scrupule.
L’histoire est centrée sur cet homme qui semble d’une douce gentillesse inspirée par le succès de sa manufacture de balances qui va d’ailleurs être auditée pour les besoins d’un classement des entreprises les plus performantes dont le résultat semble important pour ce bon patron.
La déglingue vient de toute part. Et avec une certaine retenue ce qui ne fait qu’augmenter le côté amusant des situations qui se succèdent comme « au fil des jours » de façon presque banale. Mais le spectateur attentif suivra pendant 2 heures chaque méandre qui, dans ce microcosme, finira par l’emmener, on s’y attendait, dans
la déchéance, sans jamais être outrancière, même si certaines scènes sont chatoyantes ! Javier Bardem, le patron, est pratiquement de toutes les scènes et il est parfait de retenue, d’ambiguïté, de paternalisme condescendant et il se laisse séduire par Almude-na Amor, la bien nommée.
Tout est parfait et sans ostentation dans ce film qui, s’il a été très remarqué en Espagne, risque de ne pas être des plus mis en avant en Belgique ou en France. Alors qu’il est une rare réussite dans cette catégorie qui tente de mêler la comédie et la description sociale.
Ici c’est très bien balancé et savoureux, d’une maîtrise très élégante.