Laissez-vous embraquer, vous serez bercés par le charme d’un récit qui semble être une petite fresque peinte à l’aquarelle. Les tons sont doux, les personnages joliment et subtilement définis dans leur originale complexité. Il n’y a pas d’intrigue, d’enjeu, de suspens, il y a la vie, celle d’une jeune mère de deux pré adultes. Le discret grand-père, quelques rencontres furtives qui visent à se reconstruire après une grave maladie et un divorce. Puis intervient aussi de façon énigmatique une paumée interprétée par Noée Abita très remarquée déjà dans Slalom (805) et dans Le Grand Bain (554). Hélas son principal partenaire, Qui-to Aryon-Richter ne m’a pas semblé à la hauteur. L’on retrouve avec plaisir miss botox, Emmanuelle Béart, et la très naturelle Charlotte Gainsbourg. Ce réalisateur m’avait déjà très impressionné dans Amanda (578). Comme ici l’action débute au moment de l’élection de François Mitterrand à la Présidence de la république et qu’elle dure plusieurs années, nous avons le plaisir d’être (re)plongés dans une époque un peu oubliée déjà, sans portable et sans ordinateur, où tout le monde fume comme des cheminées. Les vues sur Paris (images d’archives) sont pleines de grâce et cadrées de façon plus serrée que les images tournées pour cette comédie tendre et touchante. La bande sonore très travaillée contribue pour beaucoup à l’ambiance et à la nostalgie, et les hautes tours d’appartement semblent être une métaphore de cette promiscuité qui isole. Le film est piétiné par certains, mais c’est de la méchanceté gratuite car il apporte au spectateur un élan d’humanité, simple, sensible et qui témoigne des difficultés du vivre ensemble, le jour comme la nuit.
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