Ce film se singularise d’abord par son aspect ordinaire, l’image, les lieux, les personnages sont simplement ceux que l’on pourrait croiser n’importe où, ici c’est à Berlin.
Le personnage central est une chercheuse en archéologie qui est mise en relation avec un homme « inventé » et qui lui sera présenté comme étant conçu pour que leur relation soit parfaitement harmonieuse. Une sorte d’expérience, de recherche d’un type nouveau. Nous basculons là dans la S.F., cette science-fiction que je n’apprécie guère mais qui pour une fois n’entraîne pas d’images fantasmatiques d’un monde irréel ; ici, rien que de l’ordinaire. L’homme
« inventé », un robot humanoïde, est sympathique et la relation qui se noue avec une vrai personne soulève mille questions. Ce sont de ces dialogues, de ces situations étranges que naîtra l’intérêt de l’histoire qui se déroule à cette frontière impalpable du rêve et du quotidien le plus banal. A quelques moments la réalisatrice accentue chez d’autres personnages « créés » l’invraisemblance de cette juxtaposition du vivant et de l’imaginaire et j’ai été sensible à une scène, vers la fin, qui permet à un homme que la nature n’a pas gâté de faire l’éloge d’une femme qu’il aime tout en sachant qu’elle est de fiction. Il y a quelque chose de la « poupée gonflable » dans ce type de relation de substitution et l’habileté de la réalisatrice est sans doute d’avoir écrit cette histoire avec un homme de synthèse qui séduit une femme bien réelle. Cette histoire est qualifiée non sans un certain pédantisme de « rom-com », cette expression qui catégorise les comédies romantiques. Pour en savoir plus sur ce genre, cet article en anglais : https://www.marieclaire.com/culture/a26115125/romantic-comedy-definition/
Cette recherche à laquelle l’actrice principale se consacre un peu par nécessité économique, la met donc en relation avec un homme
« parfait » alors que le père de cette femme est lui atteint de démence et donc mène une vie totalement dérèglée. C’est une forme d’humour assez osé qui pousse à la réflexion, comme d’ailleurs tout le film, sur la « normalité » humaine.
Au départ de cette situation éculée du « boys meet girl » le film propose un double renversement : c’est la fille qui rencontre le garçon et celui-ci est le produit d’algorithmes destinés à la rendre heureuse.
Prenez le risque d’aller voir si cet homme pourrait être votre rêve.