Une badinerie ! Et Jean-Sébastien Bach n’y est pas pour rien. Ce film d’un humour singulier qui s’appuie sur deux choses incroyables et parfaitement fausses, amuse par son ton original, l’excellente interprétation des acteurs qui ont tous, me semble-t-il, le ton et la distance nécessaire pour que les personnages ne soient ni caricaturaux ni outranciers mais simplement amusants. Au casting, la joie de revoir Anaïs Demoustier, e.a. La fille au bracelet (758) dans le rôle de la Procureure, Alice et le Maire (698) Gloria Mundi (732), une fidèle de ce réalisateur. Et la musique est en soit d’une grande gaité et elle permet même durant plusieurs minutes d’être la seule chose que l’on entend pendant que se déroule la suite complexe de l’histoire, sans un mot de dialogue, et cette séquence de montage est un vrai morceau d’anthologie.
Nous sommes dans la banlieue parisienne et un couple sans enfant achète une maison qui a une singularité. Le patron du mari, ami proche, a aussi une singularité. Et le film s’amuse à montrer les diverses péripéties de ces deux singularités. En (se) grattant un peu, il y a un parfum d’anti-jeunisme qui est amusant comme idée prétexte.
Mais aucune prétention à faire du cinéma « prise de tête » et le type d’humour tranche avec ce que le cinéma français produit trop souvent. J’avais peu apprécié Au poste (524) et Le Daim (675), c’est le moins que l’on puisse dire… Comme quoi, c’est incroyable mais vrai, une bonne surprise reste toujours possible ; seule constance dans l’agacement, que l’argent du tax shelter soit une fois encore utilisé pour ces pantalonnades du pentagone. Le réalisateur en a commis de nombreuses, en musique et à l’écran.
Ici, il réalise une œuvre très personnelle dont il a écrit le scénario et dirigé l’image. Quelques virtuosités de montage dans la première partie donnent un peu le tournis.
Bref, rien d’incroyable mais il est vrai que le film amuse.