Moi aussi, mais à grand peine : quel bide ! Ce sujet que j’avais lu, plus d’une fois, sous le titre Le puits est excellent : un homme arrogant tombe dans un puits et sa survie ne dépend plus que d’une vieille voisine acariâtre dont il convoite les terres pour développer un projet de golf.
Simple, fort, original.
Jonathan Zaccaï est ce promoteur immobilier, odieux et soudain mis en situation renversée. Cet acteur excellent est ici mauvais du début à la fin. La vieille est tout simplement monstrueusement catastrophique : ridicule, mauvaise, incroyablement à côté du personnage. Tous les autres rôles sont tenus par des acteurs intéressants mais tellement mal dirigés que l’on se croirait à une remise des prix d’un collège de province. Voyez Tania Garbarski avec ses ongles manucurés chez la voyante : un sommet dans le ridicule.
Et outre ces acteurs horriblement mal dirigés, les dialogues sont effroyablement mal torchés. Des phrases lourdes, convenues, bêtes, sans style, sans différenciation liée aux personnages supposés être interprétés.
A cela il faut ajouter un sens du récit et du rythme nul : pas un moment de suspens, pas un moment d’empathie, rien qui donne au spectateur la moindre envie de s’intéresser à ce type au fond de son trou. Aucune construction dramatique, pas de surprise, tout est lourdingue, téléphoné, plat.
Et ce qui ajoute à ce sentiment de ratage complet c’est la bande son, émaillée de musiques, de chansons plus ou moins connues, en lien avec ce qui se passe. Atroce. On ne nous épargne rien : une scène onirique de discussion dans une lumière de science fiction, une fin de film aussi brouillonne que possible, des images catastrophiques de maladresse, tant pour la lumière que pour le cadre.
Les amateurs reconnaîtront les hoquets de caméra qui rendent malade dans les premiers films des Dardenne. Donner l’impression qu’il se passe quelque chose parce que le cadre a des soubresauts.
Allez, encore un exemple de film belge qui avait un potentiel et qui est totalement raté, qui n’a pas une séquence à sauver. Je pense aux Fourmis Rouges, à d’autres qui attestent combien il faut être exigeant avant de se lancer dans la réalisation d’un sujet, aussi original et attractif soit-il. Ici c’est le Titanic en barquette.