Un bijou tout à fait atypique dans la même veine que Le Tableau noir de Samira Makhmalbaf et aussi O*ù est la maison de mon ami ? de Abbas Kiarostami par exemple, mais qui se déroule ici au Bhoutan. Un film qui fait une apologie poétique et émouvante de la nécessi-té d’enseigner les jeunes, même dans les recoins les plus reculés du monde. Nous découvrons ici un pays de moins de 800.000 habitants, enclavé entre la Chine et l’Inde, aux marges de l’Himalaya avec quelques sommets à 7.500 m. Le film nous amène dans le village de Lunana, le plus élevé du pays à 4.500 m., avec sa cinquantaine d’habitants qui se font un point d’honneur d’y maintenir une école ! Et c’est l’histoire de son instituteur d’une saison que nous allons partager.
Rien que l’accès au village donne d’un pèlerinage à Compostelle par comparaison, l’impression d’une promenade pour dilettante ! Et la vie sur place n’a vraiment rien de semblable à ce que nous pouvons imaginer de plus différent de nos habitudes. Ce qui rend le film absolument unique ce sont plusieurs éléments bien harmonisés.
L’histoire, certes, mais aussi les habitants et leur beauté singulière, l’organisation de cette petite communauté, des paysages à couper le souffle et une photographie de toute beauté. Ce qui n’étonne pas vraiment lorsque l’on sait que le réalisateur qui signe là son premier film a une carrière importante de photographe déjà abondement publiée.
L’on ne peut imaginer la logistique d’un tel tournage, à 6 jours de marche de la première route, où tout a été amené à dos de mules et avec sur place, comme seule source électrique, des panneaux solaires.
Sans doute cet exploit contribue-t-il à la magie de ce récit magnifique et plein d’un subtile et attendrissant humour.