Les coûts et les couleuvres. Ce film très intéressant, léger et amusant raconte une histoire originale dans laquelle surgissent mille petites et grandes choses qui rendent le récit savoureux. Il y est question d’argent, de succès, de mauvais coups et de tendresse. De la galère des artistes aussi, plasticiens, musiciens. Le récit a le monde de la musique de variété comme fil rouge. Histoires à découvrir avec quelques surprises très bien scénarisées, même si la structure du scénario en général reste un peu anguleuse. Mais cela n’enlève rien aux rires et à la sympathie qu’inspirent bien des séquences.
Une présentation par des publicitaires de l’usage d’une des chansons dans un film de pub est plus vraie que nature ! Les créatifs crétins sont parfaits et tellement ressemblants. Il y a des moments très bien dialogués me semble-t-il, comme certains échanges avec le manager – directeur artistique parfaitement incarné par Philippe Rebbot, lui aussi plus vrai que nature. Ou un DJ qui remixe l’enregistrement original, façon destruction massive, des funérailles très singulières, une scène savoureuse à la SACEM durant laquelle est expliquée la fonction d’ayant-droit en matière de musique de variété. Bref, ça sent le vécu et le souffert ! Avec un arrière-plan social discret, celui de l’opposition entre le bon et le mauvais goût, ceux qui savent et ceux qui sont contents d’eux-mêmes.
De ce réalisateur j’ai vu La Vie très privée de Monsieur Sim (186) et La Lutte des classes (640). Et l’on retrouve ces mêmes qualités : la comédie ancrée dans le social, des acteurs très amusants et bien dirigés, une forme d’humour qui tranche avec le comique franchouillard.
Eye Haïdara campe un personnage très sympa prénommé Ivry, à cause, dit-elle de Ivry Gitlis. Genre d’humour qui passe sans doute un peu inaperçu : c’est le nom d’un célèbre violoniste. L’humoriste Artus est éblouissant et ce ne sera pas son dernier film…
Nous retrouvons Rebecca Marder tant admirée dans Une jeune fille qui va bien (941) et elle interprète ici avec talent et de façon convaincante une jeune chanteuse pleine de doutes et d’espoirs, de convictions aussi qu’elle essaye d’imposer. Félix Moati lui donne la réplique de façon très virile et talentueuse.
Le monde de la musique de variété est bien évoqué et les chansons toutes créées pour le film sont attachantes par leur côté pastiche qui leur donne toute leur saveur. Des goûts et des couleurs, l’on ne discute pas, mais l’on peut en apprécier les variétés.