Ne le ratez pas, il va vous emmener pour un voyage émouvant, d’une subtile délicatesse, admirablement raconté. Dire que c’est un road movie qui suit un très vieil homme depuis le Nord de l’Ecosse jusqu’au Finistère anglais, Land’s End, n’est pas suffisant pour laisser entrevoir la richesse de ce magnifique récit. Timothy Spall que tout le monde a admiré déjà dans Turner, The Party (468) ou Spencer (894) parmi tant d’autres rôles où sa lèvre inférieure en promontoire et ses dents en désordre achèvent de lui donner un air inimitable, porte ce film tout du long avec un rare talent.
L’histoire se déroule avec une double temporalité, celle du voyage en bus, celle des réminiscences nombreuses qui émaillent le film en révélant chaque fois des informations par allusion, par images en miroir de celles de notre voyage en bus. Le scénario m’a semblé écrit avec une très grande maitrise. La mise en scène recours aux nombreux mouvements de caméra qui semblent souligner le
regard un peu inquiet, effaré que porte, de scène en scène, notre personnage sur le monde auquel il est confronté. Et chacune d’elle étonne, surprend, amuse ou émeut. L’idée de confronter un
« vieux » avec le monde tel qu’il est devenu, téléphone portable, réseaux sociaux, comportements irrespectueux et j’en passe, est exploité avec plus ou moins d’adresse selon la façon dont se déroule chaque rencontre.
L’accueil par une famille ukrainienne est une situation bien anticipée, et l’utilisation du célèbre Amazing Grace chanté de façon très étonnante relie cette histoire à celle de l’esclavage, à toutes les utilisations de ce texte inspiré du Nouveau Testament, hymne de la défense des droits civiques. Un chant qui symbolise l’espoir malgré les épreuves. Et c’est un des aspects de l’histoire de cet homme que nous apprenons à connaître comme un très proche parent. Allez lui rendre visite.